Le cyberespace : Une nouvelle dimension

Une contradiction et réalité en même temps. C’est un monde virtuel dans lequel on trouve un mélange entre deux dimensions, une première dimension virtuelle qui s’occupe de la disponibilité de l’information ainsi que leurs transferts, et la deuxième dimension qui se matérialise à travers l’existence physique de matériaux et terminaux capable de créer cette nouvelle espace de rencontre et de confrontation entre puissances.

Autrement dit, c’est une transposition de la réalité dans une autre dimension, un univers unique qui pourrait avoir des prolongements de la vie actuelle, avec tout ce qui implique de changements dans nos comportements et manière de voir les choses, voire d’existence. C’est une remise en cause de notre existence, en terme sociologique, économique, politique, géopolitique…

Avant de traiter ces aspects, prenons le temps pour analyser la naissance du cyberespace ainsi que ces différents aspects et manifestations.

Premièrement, la question qui se pose, avec insistance est qu’est que le cyberespace ?

Le cyberespace, n’a pas une définition consensuelle, mais, il est de plus en plus utilisé par les médias, et étudié dans les sciences humaines, sociales, juridiques et économiques.

Dans une première définition, ‘’ le cyberespace ne constitue pas un espace géographique et moins encore un territoire tel que défini par Yves LACOSTE, à savoir ‘’une étude sur laquelle vit un groupe humain qu’il considère comme sa propriété collective’’ qualifié de –monde virtuel-, le cyberespace est souvent identifié, y compris par les géographes, comme constitutif d’une nouvelle forme d’espace hors de l’espace géographique dit classique mais qui viendrait s’y superposer ou fusionner avec lui’’.[1]

Dans une deuxième définition, selon Unviersalis, le cyberespace est considéré comme étant : ‘’ en informatique, espace tridimensionnel créé par les logiciels et les appareillages de réalité virtuelle’’.[2] et toujours selon la même source, il est considéré aussi ‘’ abusivement, réseau mondialiste d’Internet’’.

La troisième définition, Selon Joël de Rosnay (1995, p.166-167), le « cyberspace incarne le monde virtuel qui naît des informations échangées par les hommes dans les réseaux de communication. (…) Le monde d’Internet est un cyberspace. Il créé les conditions d’une nouvelle citoyenneté électronique (…) Le cyberspace est un océan illimité, une terra incognita sur laquelle on s’aventure avec des cartes rudimentaires »

A partir de ces trois définitions, nous constatons qu’il y a une divergence pour qualifier le concept du cyberespace, mais la chose la plus sûre est qu’il s’agit d’un nouvel espace qui n’est pas délimité géographiquement, mais qu’il a une présence virtuelle. Cette existence virtuelle lui donnera toute la légitimité et une dimension, autrement dit, un espace tridimensionnel utilisant d’autres notions, loin de notre perception classique des choses, c’est un espace compact, et non létal.

Quant à la question historique et évolutive de cet extraordinaire espace, on trouve que les premiers qu’ont traité ce sujet, s’inscrivaient dans un cadre de science-fiction, notamment avec William GIBSON[3], qui, en 1981 a utilisé le terme cyberespace –cyberspace– dans sa première nouvelle ‘’Burning chrome’’, pour désigner un simulateur :’’ Je reconnaissais par cœur toutes les puces du simulateur de Bobby ; il ressemblait à n’importe quel banal Ono-Sendai VII, le ‘’Cyberspace sept’’, mais je l’avais reconstruit tant de fois qu’on aurait eu bien du mal à trouver un millimètre carré de circuit d’usine sur toutes ces plaques de silicium’’[4].

Puis, le terme cyberespace prenait une nouvelle dimension, et un nouveau sens, lorsqu’il a parlé dans son roman Neuromancien,[5], deux ans plus tard, en 1983, comme étant une ‘’… hallucination consensuelle vécue quotidiennement en toute légalité par des dizaines de millions d’opérateurs, dans tous les pays, par des grosses auxquels on enseigne les concepts mathématiques… une représentation graphique de données extraites des mémoires de tous les ordinateurs du système humain.’’[6]

Donc, nous pouvons constater que le concept a passé d’un concept qui représente une dimension électronique, à une dimension de connectivité, qui met en relation tout le monde, des machines et des êtres humains, à travers le globe, par l’intermédiaire des ordinateurs. A travers cette situation d’interactivité, nous avons arrivé à avoir une symbiose entre le dispositif technique et l’espace simulé, voire une fusion entre le réel et le virtuel pour créer un seul monde, un monde unique, sans frontières physiques apparentes.

En effet, c’est un territoire qui n’a pas de cartes géographiques !

C’est une question que nous allons traiter par la suite, et qui revêt une place aussi importante dans notre recherche, vue son caractère déterminant dans la délimitation des champs d’action des Etats dans un espace et par conséquence, la détermination des bases des relations internationales et le territoire d’intervention de chaque Etat.

Joël DE ROSNAY[7] estime que « le cyberspace incarne le monde virtuel qui naît des informations échangées par les hommes dans les réseaux de communication. […] Le monde d’Internet est un cyberspace. Il crée les conditions d’une nouvelle citoyenneté électronique…

Mais le cyberspace est encore une jungle, bruissant de mille dangers, où l’on peut se perdre. Un Far West numérique au sein duquel pirates et escrocs évoluent à leur guise.

Le cyberspace est un océan illimité, une terra incognita sur laquelle on s’aventure avec des cartes rudimentaires ».[8]

DE ROSNAY s’aligne, lui aussi avec GIBSON, dans sa vision vis-à-vis le cyberespace. Car, tous les deux, le considèrent comme étant un monde à part, qui permet une interaction entre deux choses distinctes : l’être humain d’un côté et la machine de l’autre, une chose, considérait à un certain temps de la science-fiction et qui ne pourrait jamais avoir lieu.
                                                                                                                                                                                                           Auteur: M.H. EL AMRANI

Références

[1] Frédérick DOUZET, Alix DESFORGES, Kevin LIMONIER, ‘’Géopolitique du cyberespace : ‘’territoire’’, frontières et conflits’’, 2014, p 173
[2] http://www.universalis.fr/dictionnaire/cyberespace/
[3] William Ford Gibson est né le 17 mars 1948 à Conway, écrivain américain de science-fiction et l’un des leaders du mouvement cyberpunk.
[4] William GIBSON, ‘’Gravé sur chrome, O.C., p 216
[5] William GIBSON, ‘’Neuromancien’’, traduction par Jean BONNEFOY, Paris, Ed. ‘’J’ai lu ‘’, Coll. ‘’SF’’, 1988
[6] William GIBSON, ‘’Neuromancien’’, Ed. ‘’J’ai lu’’, Coll ‘’SF’’, 1988, p 64
[7] Joël de Rosnay, Docteur des Sciences, est Président exécutif de Biotics International et Conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette dont il a été le Directeur de la Prospective et de l’Evaluation jusqu’en juillet 2002. Entre 1975 et 1984, il a été Directeur des Applications de la Recherche à l’Institut Pasteur.
[8] de Rosnay, 1995, p. 166-67

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